Jésus sauve (de quoi ?)

Après avoir lu et relu le Nouveau Testament, je suis maintenant pleinement convaincu que notre vision du salut n’est pas celle que les auteurs des évangiles ou des épîtres avaient en tête lorsqu’ils ont utilisé ce terme.

La phrase « Il a sauvé les autres mais il ne peut pas se sauver lui-même » a été prononcée à propos de Jésus alors qu’il était sur la croix. Mais ce que ces pharisiens voulaient dire n’était certainement pas « Jésus a aidé les autres à aller au ciel, mais il ne peut pas s’aider lui-même à aller au ciel. » Ce serait ridicule. En réalité, le sens évident de « Il a sauvé les autres » implique un type de salut bien différent; une forme très concrète qui consiste à échapper à la mort ou à la souffrance dans cette vie (pas celle d’après).

J’ai aussi remarqué qu’il y a de nombreux exemples dans les Evangiles et les autres documents du Nouveau Testament où les gens demandent souvent « Que devons-nous faire pour être sauvés ? ». Avant, je supposais que cette question voulait dire « Comment puis-je aller au paradis après ma mort ? », mais je me rends compte maintenant que la question portait probablement sur la façon d’échapper à un danger très concret et imminent pour les gens de l’époque.

Par exemple, pourquoi personne ne pose jamais cette question à personne dans les écritures de l’Ancien Testament ?

Pourquoi est-ce que tout le monde a soudainement besoin d’une réponse à cette question une fois que Jésus arrive alors que personne ne s’en était soucié avant ?

J’ai récemment posé cette question sur mes réseaux sociaux et les réponses que j’ai reçues allaient du ridicule au tout simplement triste. La plupart supposaient que la question devait être dans le but de savoir comment aller au ciel après leur mort. D’où ma question : pourquoi personne ne semblait se soucier d’aller au ciel AVANT que Jésus n’arrive ?

Réponse : Il n’est pas question d’aller au paradis. Il s’agit d’être sauvé de quelque chose ici et maintenant.

La question « Que dois-je faire pour être sauvé ? » vient souvent immédiatement après la prédication du Jour du Seigneur qui a été prophétisé par le prophète Joël et référencé par d’autres prophètes de l’Ancien Testament. Jésus fait référence à ce Jour du Seigneur à venir dans son Discours sur le Mont des Oliviers. Pierre le mentionne également dans Actes chapitre 2. Paul y fait également référence dans ses écrits.

Une fois que les gens entendent que ce Jour du Seigneur arrive de leur vivant, la question la plus évidente est : « Que dois-je faire pour éviter d’être tué ? »

Voilà le sens de la question : elle porte sur le fait d’éviter la destruction prophétisée par Joël et confirmée par Jésus et les Apôtres. Donc, être « sauvé » dans ce contexte ne signifie pas aller au ciel. Il s’agit de survivre à un événement apocalyptique.

L’erreur commise par les théologiens chrétiens qui ont suivi a été de spiritualiser cette question et de réinterpréter ces passages comme si le but était d’aller au paradis et d’éviter l’enfer dans l’au-delà. C’est aussi pourquoi des termes comme « Le Royaume de Dieu » sont redéfinis par « Le paradis après notre mort » plutôt que de s’appuyer sur ce qu’en dit Jésus : une nouvelle réalité dont nous pouvons jouir ici et maintenant.

Repenser notre façon de voir le salut est essentiel pour comprendre Jésus, sa mission et son message.

C’est peut-être pour cette raison qu’il commence son ministère en nous avertissant de « penser autrement » (metanonia). Nous avons besoin de nouveaux yeux et de nouvelles perspectives pour désapprendre toutes les balivernes religieuses dont nous avons hérité de nos parents et pasteurs.

Si la question « Que dois-je faire pour être sauvé ? » ne porte pas sur le fait d’aller au paradis, il n’est donc pas non plus question de savoir si oui ou non nous sommes aimés, pardonnés ou acceptés par Dieu. Les Écritures déclarent maintes et maintes fois que Dieu était en Christ ne comptant pas nos péchés contre nous, mais réconciliant le monde avec lui-même. Nous sommes déjà aimés. Nous sommes déjà pardonnés. Nous n’avons rien à faire pour provoquer ou initier l’acceptation de Dieu. Nous l’avons déjà.

Que dois-je faire pour être sauvé ? Rien. Vous êtes déjà sauvé, chéri, aimé et accepté par votre Abba.

Reposez-vous sur ça.

(Traduction de l’article « Jesus Saves (From What?) » par Keith Giles)

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