L’ombre des biens à venir

Quelles que soient les questions que nous avons sur l’Ancien Testament concernant la raison pour laquelle Dieu a été dépeint d’une certaine manière à certains moments, elles valent la peine d’être posées et débattues. Mais au final, elles doivent reposer sur la notion que tout ce qui précède le Christ est dans une « ombre » (Heb 10:1), dans le contexte d’un « ministère de la mort » (2 Cor 3:7), et dans un système qui est « dépourvu de gloire » par rapport à Christ (2 Cor. 3:10). Christ qui était Dieu lui-même avec des yeux et une bouche, avec des mains et des pieds, marchant et parlant, et nous partageant sa mission de nous donner la vie en abondance, de libérer les captifs, de soigner les cœurs brisés, de libérer les opprimés, de prêcher la bonne nouvelle aux pauvres, de guérir les malades, de nous délivrer du péché, de détruire les œuvres du diable, d’amener son royaume sur terre et de révéler l’amour le plus désintéressé, le plus serviable et le plus compatissant, en faisant don de sa vie dans un pardon non violent, pour être tué par le monde, et pour le monde.

Jésus est la Parole infaillible de Dieu, Celui qui est dans le sein (la présence intime) du Père, qui exprime ce qui est dans le cœur de Dieu. Tous les versets de la Bible n’expriment pas le cœur de Dieu, mais la Bible dans son ensemble a un unique élan qui progresse vers la Personne de Jésus. C’est un récit dévoilant la révélation progressive et imparfaite de Dieu dans une culture, un langage et une perception d’humains imparfaits, culminant vers la révélation parfaite de Dieu dans la personne incarnée de Jésus. Lui seul est l’image du Dieu invisible, la représentation exacte de son être, l’expression par excellence de notre Source, l’éclat du divin, et si vous le voyez, vous voyez le Père. La Bible n’est pas l’image du Dieu invisible, et chaque verset que vous trouvez sur ses pages n’est pas fidèle au cœur de Dieu (comme le Psaume 137:9), mais elle nous montre Celui qui est, si nous la lisons à travers l’éclat radieux d’Abba, et Jésus est cet éclat. Jésus n’est pas venu pour nous guider vers la Bible. C’est la Bible qui est censée nous guider vers Jésus.

Je comprends parfaitement ceux qui s’interrogent sur les images extrêmement sombres et contradictoires de Dieu parfois données dans l’Ancien Testament. Prenez note que je dis « parfois » et que je ne rejette pas l’Ancien Testament de manière désinvolte. J’apprécie l’Ancien Testament comme un récit inspiré qui raconte l’histoire du peuple d’Israël et son acceptation de la révélation monothéiste du divin à travers sa primitive et évolutive perception culturelle, sociale, contractuelle et sacrificielle de la réalité, et Dieu utilisant tout cela pour ouvrir la voie à la révélation de Jésus. En ces temps archaïques fondés sur la violence, où la conquête et le tribalisme étaient la voie du monde, la réalité était perçue à travers la violence, il était donc difficile de concevoir le divin sans violence. Pour eux, la conquête et le tribalisme étaient des conceptions vitales de la réalité, et notre compréhension de la réalité est la seule lentille à travers laquelle nous pouvons essayer de comprendre Dieu. Dieu se laisse percevoir à travers nos conceptions imparfaites, tout en travaillant lentement avec elles et en les ébranlant pour nous attirer vers une conscience plus élevée de la grâce et de la vérité.

Cependant, quand Jésus est venu parmi nous, c’était une toute nouvelle vision du divin, c’était quelque chose de beaucoup plus élevé, une nouvelle façon de voir la réalité, un Dieu non violent dont le royaume et les voies sont non violents. Un Dieu qui préfère mourir pour ses ennemis plutôt que de les tuer. C’était une nouvelle vision de la réalité. Ce fut une révélation de la vraie réalité, pointant vers l’espoir eschatologique de la réconciliation de toutes choses.

(Traduction d’une publication Facebook de Jacob M. Wright)

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