Lorsque Dieu a envoyé son Fils dans le monde, il a accompagné sa venue de cette grande annonce angélique :
«Bonne nouvelle de grande joie pour tous. Paix sur la terre et bonne volonté envers les hommes.»
Laissez cette parole s’imprégner en vous. C’est l’espoir de toute la création. C’est le soupir de soulagement universel. C’est ce à quoi aspire impatiemment toute l’humanité en souffrance. Le fait que Dieu est pour nous. Qu’il vient avec bonne volonté envers l’humanité, pour apporter la paix sur terre. C’est la beauté qui réchauffe nos cœurs à chaque période de Noël. C’est l’évangile.
Alors qu’en est-il de cette parole de Jésus : «Je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée»? (Mat. 10:34)
Jésus vient-il de contredire la totalité de la déclaration angélique concernant le but de sa venue dans le monde? Non. Beaucoup de chrétiens qui citent ce verset aimeraient le penser, mais c’est en fait le contraire. Certains utilisent même ce verset comme preuve que Jésus approuve la violence, tant ils sont déterminés à le rendre à leur image. Cela montre à quel point les chrétiens sont passés à côté de son message.
Jésus est simplement subversif ici, comme il l’a toujours été. Si nous jetons un coup d’œil au contexte, nous voyons ce que Jésus veut vraiment dire. Dans Matthieu 10, Jésus commence par dire à ses disciples qu’il les envoie dans le monde pour proclamer la bonne nouvelle du royaume, et qu’ils sont comme des brebis parmi les loups. Les moutons sont pacifiques, les loups sont violents. Les loups dévorent les moutons. Jésus poursuit en disant qu’ils se tiendront devant les puissances du monde, les rois et les gouverneurs, qu’ils proclameront dans la puissance de l’Esprit le message du royaume, et qu’ils seront arrêtés, fouettés et mis à mort. À aucun moment Jésus ne leur dit de riposter, car ils annoncent la bonne nouvelle du royaume de Dieu, qui, rappelons-le, concerne la paix sur terre et la bonne volonté envers les hommes. Mais cela nécessite une confrontation avec les systèmes oppressifs et violents du monde. C’est là que Jésus dit : «Je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée» et explique ensuite ce qu’il veut dire :
«Je suis venu opposer le fils à son père, la fille à sa mère, la belle-fille à sa belle-mère : on aura pour ennemis les gens de sa propre famille.»
Le tribalisme, le nationalisme, le blâme de l’autre et la violence sont tellement ancrés dans l’esprit et le cœur de l’homme que la bonne nouvelle du royaume de Dieu, du pardon, de la réconciliation et de la paix, rencontrera une grande opposition. Cette «épée» est l’épée prophétique de contestation envers les puissances qui ont les masses sous leur influence et elle provoquera une grande réaction et résistance. Vous devrez même défier votre propre famille et vos amis avec ce message. Le message de pardon, de réconciliation et de paix est «l’épée» dont parle Jésus. C’est «l’épée de sa bouche» qui est symbolisée dans l’Apocalypse, la parole de vérité qui transperce l’âme.
Jésus conclut son propos en disant que ceux qui déclarent ce message doivent être prêts à mourir, à porter leur croix comme lui et à être mis à mort par les puissances du monde. Tout le chapitre traite de l’éthique non-violente du royaume de Dieu face à la violence des puissances de ce monde.
(Traduction d’une publication Facebook de Jacob M. Wright)