Jésus était un hérétique.
J’ai maintenant votre attention, car comment un éducateur en théologie chrétien et un dirigeant d’église peut-il avoir l’audace de prétendre que Jésus, le Fils éternel de Dieu fait chair, est, en fait, un hérétique ?
Laissez-moi vous expliquer.
Jésus était un hérétique dans le sens où sa proclamation et son expression de la loi et du règne de Dieu remettaient en question la théologie « orthodoxe » établie de l’époque en renonçant à la violence.
Il a remis en question la sagesse et les mythes de l’époque qui déclaraient : «C’est ainsi qu’étaient les choses, c’est ainsi qu’elles sont, et c’est ainsi qu’elles seront».
Jésus était radicalement contre-culturel en confrontant les structures mythiques profondes et l’encodage culturel de son époque, qui avaient sanctifié et glorifié le « mythe de la violence rédemptrice ».
Lorsque Jésus a exprimé et incarné l’amour envers l’ennemi, il a commis une hérésie en sapant à la fois la violence de l’État et les violentes revendications révolutionnaires de ses contemporains.
Jésus est toujours un hérétique dans la mesure où le royaume pour lequel il a vécu et est mort sape la complicité de l’Église dans la violence cautionnée par l’État et remet en question la notion même de guerre « juste ». Prendre la croix, c’est déposer l’épée, ce qui exige que l’Église ne peut plus officiellement revendiquer le nom de Jésus tout en jouant le rôle d’aumôniers et de pom-pom girls pour tout conflit, se faisant complice du meurtre intentionnel et délibéré de combattants ou de civils.
Dans un monde où le mythe de la violence rédemptrice s’impose comme l’une des doctrines mythiques de la société contemporaine, Jésus demeure un hérétique qui nous appelle en disant : « Le Royaume de Dieu est proche, repentez-vous et croyez à la bonne nouvelle ! »
(Traduction de l’article « Jesus the Heretic » par Révérend Jon Swales)