La parabole des talents

Un évêque du IVe siècle, Eusèbe de Césarée, nous aide à lire la Parabole des talents avec une perspective du Proche-Orient ancien, où l’accumulateur de talents est le héros de l’histoire et le « maître » est Archélaos, fils d’Hérode le Grand, dont l’extorsion et l’imposition excessive du peuple par l’intermédiaire de suzerains désignés ont conduit à une richesse exorbitante et concentrée, et à des formes d’usure considérées comme immorales par le judaïsme de l’antiquité; où enterrer le talent est une sagesse agraire rabbinique, et où le refus de participer aux abus qui conduisent à la concentration des richesses par ceux qui « moissonnent là où ils ne sèment pas et ramassent là où ils ne déposent pas » entraîne notre mort violente et prématurée dans ce monde actuel, mais où dans le monde à venir, quand Dieu arrivera, nous sommes bénis pour toujours.

Nous pouvons alors baptiser l’histoire en lisant la parabole sous un autre angle, où un père aimant et bienveillant investit son image en nous, enlève la crainte de Dieu de nos cœurs par nos expériences de son amour parfait, et fait ensuite de nous des preneurs de risques audacieux dans le monde au nom de l’amour, en investissant nos vies dans la mort de soi, en acceptant l’enterrement, parce que nous savons que Dieu nous soutient, même si nous commettons des erreurs en essayant, et que contrairement aux métaux précieux inertes, la semence de porteur d’image qui se trouve en chaque être humain produira de grands fruits pour le royaume.

Au final, la parabole ne concerne pas l’argent, ni un Dieu qui utilise le temps, l’argent ou les gens à ses propres fins. Il ne fait pas de transactions comme un tyran terroriste, du genre qui dirait : « donnez-moi ce que je veux et il ne vous arrivera rien », mais au contraire, il nous donne tout parce qu’il se donne lui-même à nous; il nous invite à entrer dans son amour sacrificiel et désintéressé afin que le monde vive.

(Traduction d’une publication Facebook de Kenneth Tanner)

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