L’évangile de guérison et la bonté naturelle de l’être humain

Ce qui suit est, je dirais, quelque chose que le christianisme occidental a presque entièrement perdu, en raison de l’influence de la théologie réformée/calviniste et de l’accent mis sur le « péché originel », la fausse doctrine de la « dépravation totale » et la conclusion terrifiante de la substitution pénale et du tourment éternel. Ceux-ci font que notre humanité rétrécit et que notre esprit est broyé par une vision de Dieu qui est dégoûtée de notre humanité et qui doit répondre par la violence contre nous. L’esclavage religieux, le dégoût de soi et la peur abondent, déguisés en « salut ».

Ce qui suit met en évidence la façon dont l’Église primitive considérait la nature humaine et le salut, avec lesquels, d’ailleurs, l’Église orthodoxe orientale est restée en contact. Je trouve cela profondément beau, et c’est d’entendre ce genre de choses qui apportent de la guérison et de l’espoir à mon âme. La vie et le ministère compatissant de Jésus s’ouvrent dans une beauté radieuse lorsque vous commencez à le voir en ces termes. C’est pourquoi, dans la théologie orthodoxe, l’expiation a à voir avec la réparation et la guérison, avec le Christ qui triomphe du péché et de la mort, au lieu de cette idée selon laquelle Dieu a dû tuer Jésus au lieu de vous.

« La caractéristique de guérison du ministère de Jésus a toujours été au cœur de la façon dont les chrétiens pensent au salut. De quoi devons-nous être sauvés ? Nous devons être sauvés d’une maladie spirituelle, une maladie du cœur qui nous a laissés incapables de nous élever à Dieu. Cela nous a laissés incapables de répondre à Dieu comme nous avons été créés pour le faire. S’il y a une image de Jésus qui, je pense, est vraiment prédominante dans la prédication et l’écriture chrétiennes anciennes des quatre ou cinq premiers siècles, c’est ce thème de la guérison. Encore et encore, les chrétiens sont attirés par cet aspect des histoires de l’Évangile où des gens sont désespérément dans le besoin, et Jésus leur tend la main, les touche et les relève.

Un prédicateur du IVe siècle, Grégoire de Nazianze, a dit que tout ce qui n’a pas été assumé n’a pas été guéri, ce qui signifie que Jésus a dû être capable de faire l’expérience de tout ce que nous vivons afin de tout amener à la plénitude et restaurer la totalité de notre nature. L’un des avantages de l’utilisation du langage de guérison pour décrire le salut est qu’il nous éloigne de la notion dangereuse selon laquelle il y aurait quelque chose d’intrinsèquement mauvais et de corrompu dans la nature humaine. Nous pouvons entendre cela parfois dans certaines prédications chrétiennes, l’idée que les êtres humains sont en quelque sorte un objet de honte par essence, qu’ils sont pour ainsi dire dégoûtants aux yeux de Dieu. Comme si Dieu était offensé par le simple fait de notre nature humaine. Ou comme si nos cœurs étaient quasiment démoniaques.

Ce que les premiers chrétiens croyaient, c’est que la nature humaine n’est rien d’autre que bonne, elle est créée à l’image de Dieu, elle est bonne de bout en bout, et vous ne pouvez jamais perdre cette bonté innée une fois que vous avez été fait à l’image de Dieu. Vous ne pouvez jamais devenir à l’image d’un diable, vous ne pouvez jamais devenir quelque chose qui serait méconnaissable pour Dieu, ou dont Dieu aurait honte. Le problème n’est pas que nous avons une mauvaise nature, mais que nous avons abusé de notre bonne nature et que notre bonne nature peut être brisée, endommagée et altérée.

Dans l’église des premiers siècles, ce thème de Jésus en tant que guérisseur était utilisé en partie pour contrer l’idée que les êtres humains sont mauvais et corrompus de nature. Il y avait beaucoup d’autres mouvements religieux dans l’antiquité qui prêchaient la méchanceté de la nature humaine et ce sont toujours les chrétiens qui défendaient la bonté inhérente à la nature humaine. Et surtout, ce sont les chrétiens qui ont mis l’accent sur la bonté du corps, la bonté de la vie sexuelle, la bonté des relations humaines ordinaires au jour le jour. Même si toutes ces choses peut devenir destructrices et blessantes, aucune d’elles n’est étrangère à Dieu. Aucun d’elles n’est loin de Dieu. Dieu y entre et nous touche à ces moments de notre vie afin de nous guérir et de nous permettre de nous épanouir en devenant ce pour quoi nous avons été créés. »

(Traduction de l’extrait d’un enseignement de Ben Myers tiré d’une publication Facebook de Jacob M Wright)

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