L’empreinte morale de l’héritage biblique

L’Ancien Testament ne doit pas être rejeté, mais être lu dans le cadre de l’évolution progressive de la révélation divine à travers la culture humaine :

Selon l’anthropologue/philosophe René Girard,

« La Bible est unique dans sa divulgation du point de vue de la victime, ce qui signifie que du point de vue des récits, Dieu prend le parti de la victime. Tous les récits ne le font pas, mais une nouvelle perspective émerge en Israël… Dieu se rangeant du côté des victimes est particulièrement proéminent dans le livre des Psaumes, qui contiennent les premiers cris accentués dans la littérature du monde provenant d’une victime unique persécutée par des ennemis. Ce thème présent dans les Psaumes est amené à une cristallisation poétique dans les souffrances de Job, qui reconnaît qu’il est le bouc émissaire de la foule et crie à l’aide à Dieu. Et bien sûr, de nombreux prophètes s’opposent au sacrifice, l’associant à l’effusion du sang (Esaïe 1:15; Osée 6:6-8) et dénonçant l’offrande des enfants comme victimes (Mic. 6:7; Jer. 32:35). La grande figure prophétique de tous, avant Jésus, est le Serviteur du Seigneur (Isa. 52:13-53:12), qui a été fait bouc émissaire par son peuple à Babylone sans résister ni protester. Il est comme un « agneau qu’on mène à l’abattoir », l’Agneau de Dieu. Ainsi, d’un point de vue purement anthropologique, la Bible dévoile le mécanisme victimaire qui se cache derrière le polythéisme et la mythologie, mais pas seulement, car de sa pleine expression découle tout ce que nous savons de la culture humaine. »

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